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Dans la presse... - Page 3

  • La Revue de Presse d'Isabelle ...suite

    Et dans "le Nouvel Observateur", une interview de Dominique Strauss-Kahn qui venait de participer à une journée de soutien aux enfants sans papiers et à leurs familles, et cette belle notation à propos des enfants : ""Ils n'ont pas d'autres chez eux que la France"

    http://permanent.nouvelobs.com/politique/20060731.OBS6783.html

  • La Revue de Presse d'Isabelle ...... A lire absolument

    REVUE DE PRESSE :

    Avant de crier haro sur l‚inhumanité du monde, jetez vous sur l‚Humanité qui, ces derniers jours, nous offre en ligne, quelques contributions indispensables à la sérénité des débats, histoire de prendre ou reprendre la mesure des choses∑ et un peu de recul.



    @ Hervé Le Bras, démographe, directeur d‚études à l‚EHESS et chercheur à l‚INED, dans un article intitulé „ France, terre d‚émigration‰, balaie deux arguments qui reviennent avec insistance sur le devant de la scène polémique de la régularisation des sans-papiers.





    « France, terre d‚émigration »

    „Les régularisations de sans-papiers pourraient créer un appel d‚air pour deux raisons différentes :

    1. Des étrangers qui estiment pouvoir se mettre dans la même situation que les régularisés actuels chercheraient à entrer clandestinement en France dans l‚espoir d‚une régularisation ultérieure.

    2. Les places de clandestins au travail et dans la cité qu‚occupent les régularisés seraient récupérées par de nouveaux clandestins.

    Le premier cas est hautement improbable tant les six conditions de cette régularisation précipitée sont bizarroïdes : avoir un enfant scolarisé depuis deux ans, que cet enfant soit mineur et ait commencé sa scolarité en France avant treize ans, que la majorité de la famille réside en France depuis deux ans au moins, etc. Supposons donc qu‚un Congolais ou un Marocain soit tenté par cette aventure : il doit avoir un enfant de moins de treize ans, entrer clandestinement avec la majorité de sa famille, attendre au moins deux ans une régularisation d‚autant plus improbable en des termes analogues qu‚elle a été calibrée pour calmer l‚émotion publique. Même si la régularisation reposait sur des critères plus généraux comme celles opérées en 1981-1982 et en 1997-1998, il est peu probable que cela incite de nouveaux candidats à entrer clandestinement en France. Aucun afflux d‚immigrés n‚a d‚ailleurs suivi les deux régularisations en question.

    Le second cas est plus vraisemblable. Il peut être comparé au fait de creuser un trou dans le sable de la plage : si l‚on retire l‚eau qui s‚y infiltre, elle est aussitôt remplacée. En effet, les sans-papiers sont en général employés clandestinement à des conditions avantageuses pour leurs employeurs qui profitent de leur insécurité. La régularisation signifie donc souvent la fin de l‚emploi clandestin rendu disponible pour un nouveau clandestin. Ce raisonnement s‚applique bien sûr, et en priorité, aux 25 000 expulsions claironnées par le ministre de l‚Intérieur qui alimente ainsi lui-même le flux des clandestins à un coût élevé (on a parlé de 25 000 euros pour l‚expulsion récente de la jeune lycéenne malienne).

    Il serait d‚ailleurs temps de dégonfler la baudruche de l‚immigration clandestine en France. Deux rapports récents, celui de la Cour des comptes pour 2004 et celui du Sénat en janvier 2006, sont tombés d‚accord sur une fourchette de 150 000 à 300 000 sans-papiers, ce qui est relativement modeste dans un pays de 60 millions d‚habitants (à titre de comparaison, le nombre des clandestins aux États-Unis est estimé à 11 millions pour 300 millions d‚habitants). Ces deux rapports n‚ont pas été rédigés par des gauchistes et leurs résultats sont repris par l‚ensemble de la droite et de la gauche. L‚estimation de la fourchette repose sur le faible nombre de candidats qui se sont manifestés lors des opérations de 1981-1982 et 1997-1998 (environ 150 000) et sur le nombre d‚inscrits à l‚aide médicale aux étrangers (AME) qui est d‚environ 160 000. Il faut ajouter que la France n‚est plus un pays attractif : chômage élevé, discriminations, discours politiques xénophobes y ont contribué. Le recensement de 1999 a été le dernier moyen sérieux de le constater (car, depuis lors, l‚INSEE a renoncé à des recensements exhaustifs, ce qui supprime le peu que l‚on pouvait connaître de la migration). Il fournit le nombre d‚immigrés selon leur année d‚arrivée. Et permet donc de le comparer aux entrées « à vocation permanente » fournies chaque année par le ministère de l‚Intérieur. Les chiffres sont clairs : sur 120 000 entrées « permanentes » en 1994, 66 000 seulement résident encore en France au recensement de 1999, 63 000 sur 106 000 pour les entrées de 1995, 64 000 sur 106 000 pour celles de 1996, etc. Ajoutés à l‚émigration de plus en plus massive de Français, ces départs montrent que notre pays n‚a guère à craindre un afflux d‚immigrés, mais plutôt l‚inverse.

    Par Hervé Le Bras, démographe, directeur d‚études à l‚EHESS et chercheur à l‚INED

    http://www.humanite.fr/journal/2006-07-29/2006-07-29-834292



    @ Par Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des droits de l‚homme, un vivifiant rappel intitulé :



    „Le mythe de l‚appel d‚air‰

    „Les discours refusant la régularisation des sans-papiers cherchent à s‚appuyer sur la peur d‚une « invasion » (pour reprendre le mot de Valéry Giscard d‚Estaing précédant le Front national dès 1983) et sur le risque d‚« appel d‚air » que provoquerait une régularisation de grande ampleur. Ces propos, qui cherchent à séduire l‚électorat de l‚extrême droite, sont démentis par les faits : en Espagne, en Italie, au Portugal et en Grèce, des centaines de milliers d‚étrangers ont été régularisés par des gouvernements fort divers (Silvio Berlusconi serait-il trop laxiste aux yeux de nos gouvernants ?), sans que des hordes d‚immigrants submergent ces pays pourtant « en première ligne » dans la gestion des flux migratoires Sud-Nord.

    Ce que nous avons vu à Ceuta et à Melilla, ce que l‚on sait du camp de Lampedusa et d‚autres lieux qui déshonorent les responsables des politiques migratoires de l‚Union européenne et de ses États membres, n‚a rien à voir avec l‚édiction ou le refus de mesures de régularisation : chacun sait que les causes des migrations sont ailleurs, et que les solutions permettant d‚éviter le drame humain qu‚elles représentent sont au Sud. Posons donc plutôt les questions de la démocratisation et du codéveloppement aux gouvernants français amis des dictateurs et aux grandes entreprises du Nord corruptrices des gouvernants du Sud.

    La vérité est que, régularisation ou pas, l‚immense majorité des sans-papiers restera ici, parce que l‚avenir de ces femmes, de ces hommes et de ces enfants est ici. La responsabilité des hommes politiques est d‚expliquer que c‚est une bonne nouvelle pour notre société, et d‚accompagner ce fait social et culturel en ne sacrifiant ni le respect des droits fondamentaux de chaque individu, ni la diversité culturelle, ni le légitime débat démocratique sur l‚avenir de ce pays.

    La vérité est aussi que les politiques actuellement menées en France et dans la plupart des pays européens, à la fois sur le plan de l‚emploi, de la protection sociale et de la lutte contre les discriminations, mais aussi en matière de coopération avec les pays d‚origine, entretiennent des conditions de flux migratoires indignes des valeurs dont nos gouvernants se réclament, produisent de la mort (comptons les noyés quotidiens au large des Canaries...), de la précarité, de la clandestinité et de la surexploitation.

    La vérité est encore que le durcissement des législations relatives à l‚entrée et au séjour des étrangers, partout en Europe, conduit non pas à faire baisser le nombre de sans-papiers mais à le faire croître, à fabriquer du sans-papiers à grande échelle, ce qui crée plus de misère et de racisme, tout en entretenant ce que ces législations prétendent combattre.

    La régularisation des sans-papiers est aujourd‚hui une évidente nécessité, pour faire cesser des situations massives de négation des droits fondamentaux incompatibles avec les normes d‚une société démocratique. Elle ne créera en elle-même aucun « appel d‚air », mais contribuera au contraire, comme ce fut le cas récemment en Espagne, à faire reculer le travail clandestin et à améliorer la situation financière de la Sécurité sociale. Elle ne dispensera pas pour autant de penser et de conduire une authentique politique de codéveloppement et d‚aide aux forces démocratiques dans les pays du Sud qui permettra aux ressortissants de ces pays d‚y vivre dignement et librement. Mais elle constituerait une rupture bienvenue avec l‚exploitation, depuis des décennies, de la peur, des fantasmes et des préjugés qui dressent travailleurs, voire exploités, les uns contre les autres, pour le plus grand profit économique et électoral de gouvernants sans scrupule.





    @ Dans un „Rappel des faits‰ Ludovic Thomas célèbre 10 ans de lutte ˆ 10 ans déjà que les coups de hâche fracassaient les portes d‚une église occupée à Paris, - intitulé :



    „Sans-papiers : régulariser, est-ce créer un nouvel afflux ?‰





    (∑) Portée par une mobilisation sans précédent autour des enfants scolarisés dont les parents sont menacés d‚expulsion, la question des sans-papiers s‚est de nouveau imposée sur le devant de la scène médiatique ces derniers mois. Des cas emblématiques ont marqué les esprits, certaines personnalités ont même appelé à violer la loi en protégeant des clandestins. Contraint de réagir, Nicolas Sarkozy a lâché du lest et pondu, le 13 juin dernier, une circulaire permettant des régularisations, au cas par cas, en fonction de critères qu‚il a lui-même définis. Il a nommé également l‚avocat Arno Klarsfeld comme médiateur national sur ce dossier. (∑)



    Lundi dernier, le ministre de l‚Intérieur a chiffré le nombre des régularisations prévisibles à environ 6000, alors que le délai d‚application de la circulaire n‚était même pas terminé. Se targuant d‚agir au nom de la justice et de la fermeté, il balaie ainsi d‚un revers de manche toute idée de régularisation massive, pratiquée pourtant par les gouvernements espagnols, italiens et allemands. Mettant dans le même sac le racisme de l‚extrême droite et l‚humanisme de la gauche, le futur candidat de l‚UMP à la présidentielle met des vies humaines au service d‚une stratégie personnelle. Affligeant. Ludovic Tomas



    Bonne lecture

  • Emission Spéciale sur JET FM

    Emission spéciale intitulée "sans papiers: un été sous haute surveillance".

    Cette émission est basée sur les interviews et entretiens
    réalisés par Géraldine et Pascal avec différents membres et familles du collectif.

    Elle est diffusée demain jeudi 27 à 12.30 sur le 91.2
    elle sera rediffusée ce vendredi à 8h du matin.

  • Appel de la Fédération Protestante de France et de la Cimade à Sarkozy

     

     AFP le 20 juillet 2006à 10 H 48

    PARIS (AFP) - La Fédération protestante de France (FPF) et la Cimade ont appelé le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy à faire preuve d'"humanité et justice" pour régulariser les familles d'élèves sans-papiers.

    La FPF et la Cimade (Service oecuménique d'entraide) réclament l'élargissement du champ d'application de la circulaire du 13 juin afin de permettre la régularisation de familles et de personnes "qui auraient toutes les raisons de poursuivre légalement leur vie en France".

    Elles demandent aussi "un effort de clarification et de simplification" pour que "l'application de ces mesures soit uniforme et juste sur l'ensemble du territoire".

    "Nous vous alertons sur la nécessité de confirmer le geste d'apaisement du 13 juin", insistent les associations, "l'espoir légitime soulevé par la publication de cette circulaire ne doit pas être déçu".

    La FPF et la Cimade soulignent que le champ d'application de la circulaire du 13 juin et les critères de régularisation qu'elle fixe "créent par leur grande imprécision de nombreuses disparités de traitements d'une préfecture à l'autre" et écartent de la régularisation de nombreuses familles ou personnes.

    Il s'agit de jeunes majeurs en cours d'étude, de jeunes scolarisés entrés en France après l'âge de 13 ans, de familles dont un membre est en situation régulière, de demandeurs d'asile en cours de procédure ou de familles n'ayant pas encore fait l'objet d'une décision de refus de séjour ou d'un arrêté de reconduite à la frontière.

    "Après des mois de débats et de tensions relatifs à la nouvelle législation récemment votée, une mesure d'humanité et de justice prenant en compte les situations indiquées ci-dessus serait le signe d'un apaisement que nous appelons de nos voeux", affirment les signataires.

    La FPF et la Cimade comptaient parmi les organisations chrétiennes qui avaient rencontré M. Sarkozy avant le vote de la loi sur l'immigration. L'Eglise catholique, la FPF et l'Assemblée des évêques orthodoxes de France avaient écrit en avril une lettre commune au Premier ministre Dominique de Villepin lui signifiant leurs "réelles inquiétudes". En juin, une "marche oecuménique" des sans papiers avait été organisée à Paris.

     

    Ci-dessous, la letttre adressée au Ministre de l'Intérieur :
                                              

  • RESF à Roissy contre le "chasseur de lycéens"

     

    http://permanent.nouvelobs.com/...

    NOUVELOBS.COM | 19.07.06 | 18:26

     

    Le réseau s’est mobilisé à l’aéroport de Roissy pour dénoncer l’expulsion vers la Chine de deux lycéens et sensibiliser le personnel de l’aéroport.

    Une délégation du Réseau éducation sans frontières (RESF) s’est rendue mercredi 19 juillet à l’aéroport parisien de Roissy afin de "lancer un avertissement au ministère de l’Intérieur" et de protester contre l’expulsion dans l’après-midi vers la Chine de deux Chinois adultes. L’’initiative était initialement destinée à empêcher l’expulsion de Feng Xue et Zhiyan, deux lycéens chinois sans-papiers de 19 ans, mais qui se trouvent actuellement au centre de rétention de Vincennes.

    "Nous lançons un avertissement au ministère de l’Intérieur, on recommencera à chaque fois qu’une expulsion de lycéen est programmée", a lancé Richard Moyon, porte-parole de RESF.

    Accompagné d’élus locaux, de syndicalistes de Roissy — en tout une soixantaine de personnes qui ont manifesté calmement pendant deux heures —, Richard Moyon a affirmé qu’"aucune expulsion de lycéen ne se déroulera dans le secret. Nicolas Sarkozy devra assumer publiquement son rôle de chasseur de lycéens".

    Peur des familles

    Le Parti socialiste avait apporté son soutien à RESF pour empêcher l’expulsion des deux jeunes majeurs chinois.

    "Le PS interpelle le ministre de l’Intérieur sur la situation de ces jeunes qui risquent la prison à leur arrivée en Chine", selon un bref communiqué du porte-parole du PS Julien Dray. Temps fort de la manifestation, la venue à l’aéroport des familles de Feng Xu et Zhiyan, également en situation irrégulière, mais qui contrairement à leurs enfants, sont susceptibles d’être régularisés dans le cadre de la circulaire du 13 juin. Tour à tour, ils ont expliqué aux nombreux journalistes présents leur "crainte" pour l’avenir de leurs enfants qui n’ont, selon eux, "plus de famille" dans leur pays d’origine.

    "Ligotés à leur siège"

    "Fengxue Cai et Zhiyian Ni, deux élèves du lycée technique du Bois de Paris (XIVe), sont arrivés en France encore mineurs. Depuis l’anniversaire de leurs 18 ans ils sont considérés comme de dangereux clandestins. Placés au centre de rétention de Vincennes, ils risquent d’être expulsés à tout moment", avait expliqué RESF. Le réseau a également profité de son passage à Roissy pour sensibiliser une nouvelle fois les passagers et le personnel navigant "sur la situation de leurs compagnons de voyage, généralement ligotés à leur siège (...) au fond de la cabine". RESF, qui milite pour la régularisations des familles d’enfants scolarisés sans-papiers, a mis en place pour l’été un système de veille afin d’éviter les expulsions.

  • Trois lycéens menacés d’expulsion

    http://permanent.nouvelobs.com/societe/...

    NOUVELOBS.COM | 11.07.06 | 17:51

    Selon RESF, ils sont menacés de reconduite à la frontière parce qu’ils ne rentrent pas dans les critères de la circulaire Sarkozy

    Trois lycéens menacés d’expulsion Le Réseau éducation sans frontières (RESF) dénonce, mardi 11 juillet, des arrêts préfectoraux de reconduite à la frontière visant trois lycéens sans-papiers. Aminata Diallo, jeune bachelière de 19 ans vivant à Sarreguemines en Moselle, née en France mais partie au Mali très jeune pour revenir en France l’an dernier, a été placée en centre de rétention. RESF a déclaré dans un communiqué qu’"elle a été extraite du centre de rétention pour être présentée au consulat du Mali à Paris : si ce dernier délivre un laisser-passer, elle pourra être expulsée à tout moment". Deuxième cas, celui d’une sri-lankaise et de son fils âgé de 17 ans, qui sont aussi sous le coup d’un arrêté de reconduite à la frontière. Le jeune homme et sa mère avait déjà été arrêtés en novembre 2005 puis libérés grâce à la circulaire Sarkozy du 31 octobre. La circulaire donnait le droit aux familles sans papiers d’enfants scolarisés de rester sur le territoire jusqu’aux vacances d’été.

    Regroupement familial

    Le troisième lycéen concerné, Ali Taghda âgé de 19 ans vivant à Montpellier, arrivé en France à 14 ans, a lui aussi été placé en centre de rétention. Son père " vit et travaille en France depuis 1970 mais le regroupement familial lui a été refusé pour insuffisance de ressources" de plus "ses oncles, tantes, cousins, cousines vivent en France de façon régulière", ajoute RESF.

  • RESF dénonce les conditions d’application de la circulaire Sarkozy

    http://permanent.nouvelobs.com/societe/...

    AP | 11.07.06 | 18:03

    PARIS (AP) — Le Réseau éducation sans frontières (RESF) dénonce les conditions d’application de la circulaire Sarkozy pour la régularisation "au cas par cas" des familles sans-papiers avec enfants scolarisés, les préfectures se "bricolant chacune leur interprétation". RESF dit aussi craindre de nouvelles expulsions d’élèves cet été.

    Un jeune Marocain sans-papiers, Abdallah Boujraf, scolarisé à Paris, a été expulsé vendredi dernier et, selon RESF, il s’agissait de la première expulsion d’un élève depuis la fin de l’année scolaire et du moratoire décidé par le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy durant l’année scolaire 2005-2006.

    RESF s’inquiétait mardi du sort d’Aminata Diallo, une lycéenne malienne de 19 ans scolarisée à Sarreguemines (Moselle) et qui "a commencé les vacances en rétention à Strasbourg", selon un communiqué du réseau. "Aminata s’est fait piéger alors qu’elle se rendait à la préfecture pour demander sa régularisation ! Elle a été extraite du centre de rétention de Strasbourg pour être présentée au consulat du Mali à Paris. Si ce dernier délivre un laisser-passer, elle pourra être expulsée à tout moment", dénonce RESF.

    Toujours à Sarreguemines, RESF déplore également l’arrestation d’une mère sri-lankaise et de son fils de 17 ans et, à Montpellier, d’un Marocain de 19 ans, élève de BEP mécanique.

    Par ailleurs, RESF estime qu’un mois après la promulgation de la circulaire Sarkozy sur les régularisations au cas par cas, et "un mois avant son terme annoncé, la confusion la plus grande semble toujours régner".

    Selon RESF, "les préfectures visiblement débordées par le nombre des dossiers déposés se bricolent chacune (leur) interprétation maison, sans que le ministère parvienne à dire clairement qui est autorisé à déposer un dossier et moins encore qui sera régularisé".

    "De quelques centaines à plusieurs dizaines de milliers, les estimations du nombre de régularisations à venir font, entre autres, l’objet d’une polémique publique entre le ministre de l’Intérieur et ses services. Arno Klarsfeld, médiateur qui a confondu médiation et médiatisation, n’a pas trouvé le temps de rencontrer" les représentants du réseau, selon le communiqué. AP

  • Le ministre de l’Intérieur « se trompe de cible » pour Patrick Weil

    http://www.nouvelobs.com/...

    Pas les enfants, monsieur Sarkozy !

    Pour Patrick Weil, le mouvement de soutien aux enfants sans papiers est la preuve de l’échec du ministre de l’Intérieur : sa loi lui « explose à la figure »

    Le Nouvel Observateur. - Le mouvement de soutien aux enfants sans papiers ne cesse de s’amplifier. Votre réaction ?

    Patrick Weil. - C’est la preuve in vivo de l’échec de la politique que Nicolas Sarkozy veut mettre en place avec sa nouvelle loi.

    N. O. - Mais elle vient à peine d’être votée !

    P. Weil. - Oui, mais elle prévoit la restriction des possibilités de régularisation individuelle pour ceux des immigrés en situation irrégulière qui ont une vie privée et familiale en France. Or ces enfants dont on parle depuis plusieurs semaines ainsi que leurs parents pouvaient espérer correspondre aux critères de régularisation précédents, précisément ceux que Sarkozy a choisi de supprimer. D’autre part, il avait fourni un avant-goût de l’esprit de son projet en ordonnant aux préfets de « faire du chiffre » en matière de reconduites à la frontière. Aujourd’hui, cette loi lui explose à la figure et il est obligé de faire le contraire de ce qu’il avait annoncé, avec tambour et trompette, à son électorat de droite. Par méconnaissance du terrain et de la complexité des politiques d’immigration, il est contraint de faire machine arrière.

    N. O. - Est-ce à dire qu’il est impossible de contrôler l’immigration et d’expulser des étrangers en situation irrégulière ?

    P. Weil. - La politique de l’immigration est comme toutes les politiques publiques. Elle a ses règles. Même si ces règles sont bien conçues, il y a toujours des fraudeurs. Si 95% des Français déclarent leur revenu pour payer leur impôt, il y en a toujours 5% qui ne le font pas. S’il n’y avait pas de contrôle fiscal, pas de sanction, probablement personne ne déclarerait ses vrais revenus. Le contrôle et la sanction sont donc nécessaires. Mais au bout d’un certain temps il y a prescription. Si chacun était obligé de prouver ses revenus pendant trente ans, on vivrait dans une société totalitaire. En matière d’immigration, c’est pareil. Le rôle d’un gouvernement est de se concentrer sur les premières années du séjour irrégulier et, comme en matière fiscale, de viser les gros poissons. En clair : les délinquants étrangers qui n’ont pas d’attache personnelle en France ou les employeurs de travailleurs clandestins. Ce n’est pas ce que fait Sarkozy. En s’attaquant aux enfants et à leurs familles ou à ceux qui n’ont commis aucun autre délit que celui d’être en séjour irrégulier, le ministre de l’Intérieur a délaissé la reconduite à la frontière des vrais délinquants. Les chiffres fournis par son ministère le démontrent : la reconduite de ceux-là a baissé de 5% entre 2004 et 2005.

    N. O. - Selon vous, Sarkozy n’a donc fait que de l’affichage pour raison électorale...

    P. Weil. - C’est clair à partir des chiffres. La droite depuis 2002 a fait plus d’immigration légale (titres de séjour accordés notamment au nom du regroupement familial) que la gauche et moins d’immigration de travail. Difficile à vendre à l’électorat de Le Pen ou de Villiers, qui ne veulent pas d’immigration en général et d’immigration familiale en particulier. Pour camoufler ce résultat, le ministre de l’Intérieur décide une loi qui fait exploser l’immigration irrégulière.

    N. O. - Nos voisins européens connaissent-ils les mêmes problèmes ?

    P. Weil. - Les situations sont explosives en Italie ou en Espagne, ou aux Etats-Unis qui ont adopté le système des quotas. Ce système génère en effet un maximum d’étrangers en situation irrégulière. Car les gouvernements annoncent au monde entier leur objectif - un chiffre de délivrance de cartes de séjour - pour l’année, par exemple 80 000, et ce sont 800 000 personnes qui débarquent. Ainsi aux Etats-Unis, il y a environ 12 à 13 millions d’étrangers en situation irrégulière. En Espagne ou en Italie, entre 500 000 et 1 million de personnes ont été régularisées au cours des dernières années. En France, le nombre de régularisations (au cas par cas selon les critères de loi de 1998 - parents d’enfants français, présence pendant dix ans sur le territoire...) varie entre 25 000 et 30 000 régularisations par an. S’il y avait les quotas qui tentent encore M. Sarkozy, ce chiffre pourrait être multiplié par dix ou vingt comme en Italie.

    N. O. - La régularisation des enfants scolarisés constituerait selon certains un appel d’air, une faille dans laquelle s’engouffreraient des milliers de candidats à l’émigration. Qu’en pensez-vous ?

    P. Weil. - C’est un fantasme. La plupart des personnes en séjour irrégulier viennent en France avec un visa de tourisme qu’ils prolongent. Le problème se situe largement en amont. Il est vrai qu’il y a une faille au départ du dispositif de contrôle. Les moyens des consulats qui délivrent les visas devraient être renforcés. Il faut par ailleurs lutter plus efficacement contre les filières organisées et, je l’ai dit, s’attaquer aux employeurs hors la loi.

    N. O. - La scolarisation des enfants dans l’espoir qu’ils soient régularisés, eux et leurs familles, serait donc un phénomène marginal ?

    P. Weil. - Si les enfants n’étaient pas scolarisés, ce qui est impossible à partir de 6 ans puisque l’école est obligatoire, où seraient-ils ? A travailler dans des ateliers clandestins ? A traîner dans la rue et éventuellement à troubler l’ordre public ? Veut-on des analphabètes, des enfants-esclaves, des délinquants ? Les mettre à l’école, c’est une mesure de sauvegarde de ces enfants, mais aussi une garantie de notre paix sociale. Une fois que les enfants sont là et installés depuis plusieurs années, il faut prendre acte de la situation et les régulariser. Je le répète : 25 000 à 30 000 régularisations par an, c’est très peu par rapport à certains de nos voisins européens. Aucune politique publique ne réussit à 100%. Et le nombre d’enfants concernés actuellement en France est infinitésimal par rapport à tous les enfants du monde, d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique latine, qui rêvent de l’école publique française.

    N. O. - La France a-t-elle les moyens d’accueillir de nouveaux étrangers ?

    P. Weil. - La France reçoit un petit nombre d’immigrés par rapport à d’autres pays. Il ne faut pas créer d’affolement. C’est tout le paradoxe de l’action de Sarkozy. Deux ans après avoir fait voter une première loi de contrôle de l’immigration, il en élabore une deuxième, inutile et dangereuse, dont le seul résultat est de créer de l’affolement chez nos compatriotes et chez les étrangers. Laisser croire que nos frontières sont ouvertes, c’est faux. La France n’est pas une forteresse, mais elle n’est pas non plus une passoire.

    Patrick Weil , directeur de recherche au CNRS, auteur de « la République et sa diversité. Immigration, intégration, discriminations » (Seuil).

    Carole Barjon

  • Pression grandissante de sans-papiers entre inquiétude et espoir

    Pression grandissante de sans-papiers entre inquiétude et espoir

    20Minutes.fr avec AFP | 08.07.06 | 08h05

     

    Le mouvement des sans-papiers s'est amplifié vendredi avec l'occupation temporaire du cabinet et du domicile d'Arno Klarsfeld, médiateur national récemment nommé par Nicolas Sarkozy, par des clandestins cependant qu'un lycéen marocain de 19 ans était expulsé.

    Une cinquantaine de membres du 9ème collectif de sans-papiers, dont les membres vivent à Paris et en Ile-de-France, avaient décidé vendredi soir d'occuper le cabinet d'Arno Klarsfeld, nommé le 28 juin médiateur pour le dossier des parents d'enfants scolarisés en France.

    Ils ont quitté les lieux sans incident vers 22H00, a annoncé Me Klarsfeld.

    Ces sans-papiers refusent que le débat soit cantonné aux seuls parents d'enfants scolarisés, évoquant des situations "dramatiques", y compris pour les célibataires.

    Le mouvement s'est ainsi étendu, alors même qu'était expulsé Abdallah Boujraf, arrivé en France à l'âge de 14 ans et qui venait d'obtenir un CAP en peinture et souhaitait poursuivre vers un BEP ou un Bac professionnel.

    Soupçonné d'avoir agressé un SDF, il avait fait l'objet d'une interpellation. Il est majeur et célibataire et sa situation n'est pas conforme aux critères de régularisation fixés par le ministre de l'Intérieur le 13 juin à l'adresse des seules familles d'enfants scolarisés.

    Son expulsion, présentée par le Réseau éducation sans frontières (RESF), collectif d'associations qui s'est mobilisé pour les enfants scolarisés, comme la "première d'une longue liste", a provoqué de nombreuses réactions.

    Le socialiste Jack Lang (PS), notamment ancien ministre de l'Education nationale, a écrit vendredi à M. Sarkozy pour lui exprimer sa "révolte".

    Le Premier ministre Dominique de Villepin a pour sa part dénoncé vendredi "toute forme de polémique" à propos du dossier "difficile" des sans-papiers et estimé qu'il fallait "une évaluation réelle et sérieuse" avant de parler "d'objectifs chiffrés" de régularisation.

    Ces paroles intervenaient alors que Nicolas Sarkozy a désavoué jeudi soir un haut responsable de la police parisienne qui avait évalué plus tôt dans la journée "à plusieurs milliers" le nombre de familles de sans-papiers avec enfants scolarisés pouvant être régularisées cet été.

    "Rien ne sert de s'envoyer des chiffres. Evaluons la réalité de chacune des situations à travers les départements de France et à partir de là, nous prendrons les mesures nécessaires", a déclaré M. de Villepin.

    Le ministre de l'Education Gilles de Robien a pour sa part assuré qu'il n'y aurait "pas d'enfants sortis de classe pour être expulsés", tout en prévenant que la France ne pouvait admettre que l'immigration clandestine prospère"

  • Article du Figaro

    Actualité | France

    La polémique autour des régularisations de « sans-papiers » se poursuit

    lefigaro.fr (avec AFP, AP).

     Publié le 07 juillet 2006

    Les familles se sont massées en nombre devant les préfectures pour obtenir un rendez-vous en vue d'une régularisation.


     

    Jeudi, le directeur de la police générale affirmait que « plusieurs milliers de familles » seraient régularisées, avant d’être aussitôt démenti par Nicolas Sarkozy. Le PS s’empare affirme que le gouvernement va effectivement procéder à une « régularisation massive » nécessaire.

     

    La question des enfants sans-papiers scolarisés en France donne lieu depuis plusieurs semaines à une série d’annonces, de démentis et surtout une véritable bataille de chiffres entre majorité et opposition.

     

    L’annonce, la semaine dernière, d’une circulaire préfectorale permettant aux familles sans-papiers dont les enfants sont scolarisés en France de déposer un dossier de régularisation, a déclenché un afflux massif. Des milliers de personnes ont couru les préfectures toute la semaine. Les associations estiment à plus de 4.000 le nombre de familles qui pourraient satisfaire aux critères retenus dans la circulaire : la «scolarisation effective» des enfants depuis septembre 2005, leur naissance en France, leur arrivée avant l'âge de 13 ans, ou la «réelle volonté d'intégration» des familles.

     

    Jeudi, le directeur de la police générale Yannick Blanc affirmait dans un entretien au Monde : « nous savons que nous allons régulariser plusieurs milliers» de familles de sans-papiers. Le fonctionnaire souhaitait chasser les «peurs illégitimes» d'une éventuelle «reprise des expulsions pendant l'été» et d'une «chasse aux enfants».

     

    Sarkozy « rendra des comptes aux Français »

     

    Cette déclaration a forcé le ministre de l’Intérieur à réagir. Jeudi soir, il consacré quelques instants de la « réunion champêtre » qu’il tenait à Ballan-Mire (Indre-et-Loire), pour démentir son haut fonctionnaire. « Ceux qui parlent de chiffres aujourd'hui parlent de sujets qu'ils ne connaissent pas », a assuré Nicolas Sarkozy, promettant un examen « au cas par cas » de tous les dossiers, au terme duquel il rendra « des comptes aux Français ».

     

    Pour Nicolas Sarkozy, le dossier des sans-papiers requiert des trésors d’adresse. Il ne veut en effet ni se déjuger de la fermeté qu’il affiche dans ce dossier, ni se voir stigmatisé comme un ministre « expulseur d’enfants », alors que le mouvement de parrainage de familles sans-papiers, lancé par le Réseau éducation sans frontières, ne cesse de prendre de l’ampleur. C’est donc à un difficile exercice d’équilibre que se livre le président de l’UMP. «Je serai humain parce qu'il le faut, je serai ferme parce que je le dois», expliquait-t-il jeudi.

     

    Nicolas Sarkozy veut écarter l’idée d’une régularisation massive. « Il n'y a pas un pays qui considère qu'on doive donner des papiers définitivement parce qu'un enfant est inscrit à l'école. La régularisation massive et totale a conduit aux catastrophes que nous connaissons aujourd'hui. Les socialistes l'ont pratiquée à quatre reprises dans les 20 dernières années, ça n'a rien résolu, ça a aggravé le problème».

     

    Pour le PS, on est à la veille d’une « régularisation massive nécessaire »

     

    Interrogé sur LCI vendredi, Julien Dray, le porte-parole du PS, affirme que le gouvernement va procéder, « dans les semaines qui viennent, à une régularisation massive, et elle est nécessaire ». Selon le député de l’Essonne, « Les chiffres qui circulent entre les différents préfets, c'est de l'ordre de 40.000 régularisations ». Un chiffre bien plus important que celui donné au mois de juin par le ministre de l’Intérieur, qui parlait alors de « 2.000 personnes ».

     

    Pour Julien Dray, les lois sur l’immigration adoptées depuis 2002 placent de nombreux étrangers dans des situations où ils ne sont « ni régularisables ni expulsables ».

     

    Interrogé, également sur LCI, l’ancien ministre de l’Education nationale, Luc Ferry, a donné le chiffre de « 3.500 à 4.000 enfants » étrangers scolarisés pour la seule région parisienne. « La France est, à ma connaissance, le seul pays au monde à scolariser tous les enfants qui sont sur son sol », a-t-il ajouté.

     

  • Edito du "Monde" : expulsions du pays des Bleus

    Edito du Monde
    Faute morale
    LE MONDE | 05.07.06 | 14h14

    'est une bien étrange image d'elle-même que la France donne aujourd'hui. D'un côté, comme en 1998, un peuple tout entier vibre au diapason de son équipe de football qui dans le Mondial représente la France dans toute sa diversité ethnique et culturelle. Comme le soulignait récemment Lilian Thuram, le défenseur central des Bleus, en réponse à un Jean-Marie Le Pen qui trouvait "exagérée la proportion de joueurs de couleur", en France "les gens fêtent les joueurs français sans se poser la question de savoir s'ils sont noirs ou pas". Mais dans les tréfonds de cette belle France multicolore se joue un drame autour d'enfants scolarisés sans papiers menacés d'expulsion, soit quelque 4 000 familles et près de 10 000 personnes.

    Depuis le 3 juillet, et jusqu'au 15 août, les préfectures vont examiner, au cas par cas, les demandes de régularisation des parents sans papiers d'enfants scolarisés. Le 13 juin, dans une circulaire aux préfets, Nicolas Sarkozy avait énoncé six critères nécessaires à une régularisation, parmi lesquels la "scolarisation effective" depuis septembre 2005, la naissance en France ou l'arrivée des enfants avant l'âge de 13 ans, l'absence de lien entre l'enfant et le pays dont il a la nationalité, ainsi que la "réelle volonté d'intégration" des familles. Une circulaire qualifiée d'"humaine" et "généreuse" par Arno Klarsfeld, le médiateur nommé par M. Sarkozy.

    Dans cette France où l'enracinement des idées racistes du Front national se poursuit, un réel mouvement de solidarité s'est développé. A l'initiative de la Ligue des droits de l'homme, de nombreuses personnalités du monde politique, artistique et culturel ont signé un texte exprimant leur "nausée devant la multiplication de ces situations où des enfants, des adolescents sont les premières victimes d'une politique devenue folle". "Lorsque la loi viole des principes aussi élémentaires, c'est notre devoir de citoyens, notre devoir de conscience de ne pas s'y plier", ont-ils ajouté. Des syndicats et des Eglises se sont indignés de cette "chasse à l'enfant", et les parrainages de sans-papiers se sont multipliés.

    Aucun principe, aucune loi ne peuvent conduire un pays attaché aux droits de l'homme à imaginer expulser des enfants en cours de scolarité qui, même si leurs parents sont sans papiers, n'ont pas d'autre pays que la France. Il s'agit d'une faute morale et d'une erreur politique. En 1994, en Californie, l'adoption de la proposition 187 prétendait exclure de leurs écoles 300 000 enfants de sans-papiers. La mobilisation de l'opinion avait conduit les tribunaux à invalider cette loi. On peut espérer qu'en France le mouvement en cours permettra d'arriver au même résultat. Sans oublier qu'il ne s'agit que de la partie visible du problème et que la nouvelle loi Sarkozy sur l'immigration risque, demain, d'être une nouvelle fabrique de sans-papiers.


    Article paru dans l'édition du 06.07.06
  • Les parrainages dans le journal "20 minutes"

    Page 2 - Grand Nantes /
    Sans-papiers : le parrainage a du succès

     medium_20060703-NAN-PARRAINAGE.jpg

    La cour et les jardins de l'Hôtel de ville de Nantes avaient des allures de fourmilière samedi midi. Elus, membres du collectif Enfants étrangers-citoyens solidaires, tous paraient au plus pressé, débordés face à l'élan populaire qu'a suscité cette grande journée de mobilisation de soutien aux enfants sans papiers.

    Plusieurs mairies de l'agglomération avaient décidé d'organiser des cérémonies de parrainages républicains pour ces enfants scolarisés en France mais expulsables à tout moment, avec leur famille, du fait de la fin du sursis accordé par le ministère de l'Intérieur. A Nantes, 64 jeunes ont pu ainsi recevoir le soutien officiel d'un parrain et d'une marraine, sous les yeux d'un officier d'état civil. Mais une quinzaine de familles et près d'une trentaine d'enfants, s'étant déplacés à la dernière minute, devront attendre une seconde cérémonie promise dans l'urgence par la mairie. « C'est un geste capital pour ces familles, elles se mettent sous la protection de la République, explique Jean-Luc Landas, bénévole du collectif. Les demandes de parrainage ne cessent aussi d'affluer. L'engouement est phénoménal. » « Quand il y a une mobilisation massive, le pouvoir ne peut que reculer. L'inhumanité des lois Sarkozy s'affiche au grand jour. Nul doute que cette journée va accélérer les choses», estime Mgr Jacques Gaillot (2) venu au même titre qu'Albert Jacquard, Charles Berling (3) ou Christiane Taubira soutenir l'initiative.

    Frédéric Brenon

     

    Erratum du Collectif Enfants Etrangers :

     

    La trentaine d'enfants qui, ce matin-là,  s'est présentée bien que ne figurant pas sur la liste officielle des 64 enfants préparée par le Collectif et les services de l'Etat Civil de la Mairie de Nantes, a pu être parrainée par des citoyens présents nombreux dans les jardins de la Mairie ce matin du 1er juillet.

     

    Page 4 / Les sans-papiers bientôt fixés sur leur sort

    Le bout du tunnel semble approcher pour près de4 000 familles sans-papiersayant un enfant scolarisé. Les
    rendez-vous fixés par la préfecture de police de Paris à ces personnes afin d’étudier une éventuelle régularisation
    commencent ce matin. Et ce week-end, Arno Klarsfeld, le médiateur nommé par le ministre de l’Intérieur, s’est
    voulu porteur d’un « message d’apaisement à l’adresse desfamilles ». Il a qualifié les critères définissant les conditions
    requises pour rester en FrancE dans la circulaire du 13 juin de« souples, larges et généreux »,en soulignant que « primaitl’intérêt de l’enfant ».

    La pression des associations sur le gouvernement s’est en effet accentuée, alors qu’aucune« chasse aux enfants »
    n’a, semble-t-il, eu lieu. Samedi, 7 200 (selon la police)à 50 000 personnes (selon lesorganisateurs) ont défilé dans
    la capitale à l’appel du réseau Education sans frontières, pour demander l’abrogationde la loi sur l’immigration et
    pour dire « non aux expulsions». Un numéro d’urgence national pour l’été*, opérationnel jusqu’au 3 septembre,
    a été créé en cas d’interpellation ou de menace d’expulsion. Ailleurs, outre les manifestations de soutien, les
    parrainages d’enfants ont continué. « Je suis fier de cette France qui se mobilise pour soutenir les enfants et les familles qui sont aujourd’hui menacés », a déclaré samediFrançois Hollande, premier secrétaire du PS, devant la convention nationale du parti.

    Les familles vont continuer à être convoquées à la préfecture jusqu’à la mi-août, aufur et à mesure de leurs déclarations dans les centres de réception des étrangers. Avec à la clé, l’expulsion ou la régularisation.

    L. d. C.

    * 0820 20 70 70 (0,09 €/min).

  • Lisez l'éditorial de Témoignage Chrétien

                                   

                                 medium_3211.gifLe dernier numéro de Témoignage Chrétien affronte avec courage et engagement la question des enfants scolarisés menacés d'expulsion en titrant en une "Sans-Papiers : la chasse est ouverte".

    Le reste du dossier est à l'avenant et notamment l'article consacré aux collectifs de Lannion-Paimpol et de Nantes intitulé "L'Ouest ne perd pas le Nord" et signé Nolwenn Mailer rencontrée il y a une quinzaine de jours. A lire absolument ... 

     

     

     

     

     

     

    Au nom des plus petits de nos frères   par Noël Bouttier

    Ainsi donc, MM. Villepin, Sarkozy et quelques autres ont décidé qu’avec le début des grandes vacances scolaires, commençait la chasse aux sans-papiers. Ainsi donc, la France, qui continue à seriner la rengaine des droits de l’homme, se prépare tranquillement à renvoyer « chez eux » hommes, femmes et enfants, au motif qu’ils n’ont pas le fameux parchemin qui autorise à séjourner dans notre cher pays. Ainsi donc, puisque lois, circulaires et tutti quanti ont été édictées dans les règles de l’art, il nous faudrait accepter que des bambins de la République, ceux qui ont usé leurs fonds de culotte sur les bancs de la « laïque », soient expédiés dans un pays qu’ils ne connaissent pas, ou si peu, et qui n’est finalement pas le leur. Eh bien non ! MM. Villepin, Sarkozy et consorts, nous sommes des centaines de milliers à refuser le piétinement des valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité auxquelles nous sommes fidèles. Les vrais républicains ne sont pas ceux que l’on croit…

    Votre volonté de faire, des gosses et de leurs parents, les boucs émissaires du malaise français témoigne d’un mépris de l’humain. Que cherchez-vous au fait ? À réduire les statistiques – qui d’ailleurs n’existent pas – des « clandestins ». Vous parlez de clandestins, comme s’ils n’avaient pas d’identité, comme s’ils n’étaient pas connus de tous, commerçants, enseignants, élus et… police. Pour faire passer la pilule, vous annoncez des passe-droits et enrobez cela d’un zeste d’humanité. Mais nous ne sommes pas dupes de vos médiocres calculs de politiciens prêts à renvoyer nos voisins pour glaner quelques (hypothétiques) voix en 2007. Alors, nous sommes, nous serons, des milliers à nous déclarer parrains de nos alter ego asiatiques, africains, latinos ou est-européens (1). D’ailleurs, vos services, s’ils travaillent bien, pourront vous renseigner sur nos identités. Les centaines d’opérations de parrainage républicain sont ouvertes à tous. Ce n’est pas le cas des bureaux des étrangers de vos préfectures, officines du non-droit et de l’arbitraire.

    Non, la loi n’est pas de notre côté. De toute façon, avec votre majorité bétonnée – quoique de plus en plus fissurée –, vous pourriez décider d’aller encore plus loin dans la chasse aux sans-papiers. À part quelques humanistes aussi sincères qu’isolés, qui s’en émouvrait dans vos rangs ? Nous sommes bien d’accord que les migrations internationales posent des questions et que les grands principes généreux ne font pas toujours une bonne politique. Certes, mais à condition de ne pas s’asseoir sur des principes imprégnés de la philosophie des Lumières et des grandes sagesses spirituelles…

    « Toutes les fois que vous l’avez fait à l’un des plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait »(2). Cette phrase de l’Évangile – que vous devez connaître – est au cœur de l’engagement des chrétiens conséquents qui ne sont pas prêts à passer ce message par pertes et profits. Les « plus petits » sont ces gamins auxquels vous interdisez un avenir ici. Vous savez pourtant, car vous avez des éclairs de lucidité, que la France vieillissante aura besoin de nouveaux migrants. Vous voulez les « choisir » – curieuse terminologie – alors même que votre police traque des milliers d’étrangers installés chez nous depuis des années. Messieurs les gouvernants, libérez-vous de vos œillères idéologiques. La France fraternelle que vous appelez de vos vœux, paraît-il, est inconciliable avec la traque des « plus petits de nos frères ». Par canicule ou par grand froid, nous ne vous laisserons pas faire tranquillement une chasse à l’homme qui ne dit pas son nom.

    1. Dans notre numéro du 13 juillet, nous souhaitons publier des témoignages de parrains de sans-papiers. Envoyez-les si possible par courriel e-mail
    2. Citée dans une interview à « Faim et développement » (juin 2006) de Claude Schockert, évêque de Belfort-Montbélliard, président de la Commission pastorale des migrants.

     

  • Revue de bonne presse

    Ne manquez pas dans Libération samedi 24 juin 2006

    par Anne DIATKINE

    Le PORTRAIT de Malika et Karima, algériennes sans papiers, qui vivent dans l’angoisse d'être expulsées pendant la trêve estivale, dès la fin de l'année scolaire, dans “L’été de tous les dangers

    http://www.liberation.fr/page.php?Article=392804

    Et

     

    Politis, jeudi 22 juin, p.10 dans les “Echos de la semaine”, titré “La peur au ventre”,

    Par Marion Dumand

    SANS-PAPIERS. A Toulouse, des Kurdes font la grève de la faim pour obtenir le droit d’asile.

     

     L’article, en dépit de ces alarmes, permet de nourrir quelques espoirs, quand donnant la parole à l’avocat de certains grévistes, il témoigne, et je cite : “L’Ofpra rejette leurs dossiers pour défaut de preuves du risque encouru en Turquie” explique leur avocat. “Des preuves très difficiles à obtenir, qui arrivent au compte-gouttes, obligeant à rouvrir régulièrement les dossiers, ce que refusent souvent l’Ofpra et la préfecture, si bien que beaucoup sont sous le coup d’une reconduite à la frontière.” Une menace que la loi Ceseda va accentuer. (…)

     

    Pardon d’avance à Politis que je cite (mais ce n’est qu’un extrait) sans avoir pris le temps de solliciter leur autorisation. De même que je ne cite pas le nom de l’avocat, sans son accord, mais que je soutiens, sans réserve.

    Bonne lecture

     

     

    Isabelle de Nantes

  • Chaîne humaine autour de Bolorozia

    20 Minutes | édition du 23.06.06

    Une grande chaîne humaine. Quelque 250 personnes ont participé hier à la mobilisation en faveur de Bolorozia devant le collège Talence. Cette élève mongole de 13 ans, scolarisée à Nantes depuis deux ans, est menacée d’expulsion au 1er juillet, avec sa maman. « Bolorozia doit être mariée de force à 14 ans, en mars prochain, s’indigne Arlette Noué, membre de la FCPE. Nous poursuivons le combat car son dossier doit être réexaminé en préfecture, à la suite notamment de l’intervention d’élus et de la pétition (plus de deux mille signatures) ». « Ça me fait plaisir de voir autant de monde réuni. J’ai bon espoir de rester en France », affirme timidement Bolorozia.

  • Un autre dossier dans L'Humanité Dimanche du 18 juin

    Sur les conseils de Bruno Suner, lisez aussi :

    Achetez l'Huma Dimanche au kiosque : un très bon dossier sur la "traque honteuse" aux enfants avec un texte bien senti d'Etienne Balibar, un petit article pour démonter le mythe de l'appel d'air. 

      

  • Le Monde du 18 juin fait sa une sur notre mobilisation

     medium_Le_Monde_-_Une_-_17062006.png


     

     

     

     

     

    http://www.lemonde.fr/web/article/0...

    LE MONDE | 17.06.06 | 13h55 • Mis à jour le 17.06.06 | 14h16

    C’est l’"instinct", disent-ils, qui les pousse à agir. Leur "conscience". Ils sont des centaines, à travers la France, à rester mobilisés. Nicolas Sarkozy a promis la régularisation "au cas par cas" de familles d’enfants scolarisés, menacées d’expulsion. Pourtant, la mobilisation continue de s’étendre.


    AFP/BERTRAND GUAY
    Manifestation de soutien à la famille Kagny, dont les deux filles sont menacées d’expulsion à l’issue de l’année scolaire, le 16 juin 2006 à Paris.

    Les habitants de Chavagnes-en-Paillers, petite commune vendéenne de 3 000 âmes, s’étaient donné rendez-vous samedi 10 juin sur la place principale. "Leur" famille, à eux, vient du Kosovo. Dès qu’ils ont appris sa convocation à la préfecture, "cela a été instinctif", raconte Ghislaine Clouet, 58 ans. C’est elle, mère de famille retraitée, épaulée par l’institutrice de la commune et par une voisine, qui a monté une association "dans l’urgence". " Depuis deux ans et demi, nous les côtoyons comme des amis, s’emporte-t-elle. Le monsieur a une promesse d’embauche d’un entrepreneur de la commune. Sa femme, couturière, aide bénévolement une association locale. Les enfants ont de nombreux copains chavagnais, vont au club de foot... Ils font vraiment partie du village."

    Nés de la réaction de simples citoyens, les collectifs finissent souvent par converger vers le Réseau éducation sans frontières (RESF). Cette plate-forme d’information et de conseil, créée en 2004, regroupe aujourd’hui 70 organisations. Le réseau offre la possibilité de consulter des juristes, met à disposition un guide pratique et juridique (Jeunes scolarisés sans papiers : régularisation, mode d’emploi), relaie sur son site Internet appels à manifester et pétitions, se charge en cas d’urgence d’interpeller les préfectures et au besoin le cabinet du ministre de l’intérieur. Une aide précieuse pour tous ceux - et c’est souvent le cas - qui ne sont pas des militants aguerris.

    "DÉSOBÉISSANCE CIVILE"

    Le réseau vient de demander à tous les sénateurs et députés de parrainer la famille d’un enfant sans papiers. Le 1er juillet, dernier samedi avant les vacances scolaires, il organisera une "cérémonie d’ouverture de la chasse aux enfants" où il réitérera son appel à la "désobéissance civile" pour protéger les élèves susceptibles d’être expulsés cet été.

    A l’origine du réseau, Richard Moyon, un enseignant de Châtenay-Malabry, dans les Hauts-de-Seine. Un jour, il y a dix ans, un élève l’aborde en tremblant à la fin d’un cours, lui montre l’"invitation à quitter le territoire" qu’il vient de recevoir. Elèves et professeurs se mobilisent, font le siège de la préfecture. Issa, mauritanien en 1996, est aujourd’hui français, père de deux petites Françaises et commercial dans une PME. Entre-temps, Richard Moyon a soulevé des montagnes pour empêcher l’expulsion de dizaines d’élèves.

    A Créteil aussi, des enseignants sont mobilisés. Une assemblée générale est organisée en juin 2004. Une centaine de personnes se réunissent à la Bourse du travail, à Paris - enseignants, syndicats de profs, organisations de parents d’élèves, milieux préoccupés par l’immigration. La machine est lancée, des dizaines de comités locaux s’y raccrochent... Pas de structure, pas de local, pas de permanent, pas de président : le mouvement vient d’en bas, s’étoffe tous les jours de mères et de pères de famille, souvent apolitiques, dont les enfants ont, à l’école, un copain menacé. "C’est l’anarchie miraculeuse", résume Richard Moyon.

    Le pilier du réseau ne cherche pas la notoriété. Mettre en avant un ancien de Lutte ouvrière, puis de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) pour symboliser le réseau ? Cela risquerait de mettre en péril le fragile équilibre qui "tient" le réseau. Car le mouvement, porté au départ par des enseignants de gauche ou d’extrême gauche, relève aujourd’hui du plus bel éclectisme.

    A Chavagnes-en-Paillers, en plein coeur des terres villiéristes, "des laïcards, des religieux, des gens très à droite, des gens très à gauche, sont mobilisés", témoigne Ghislaine Clouet, qui dit pour sa part ne plus savoir où se situer sur l’échiquier politique. "Quand on voit des gens dans le besoin, prêts à vivre du fruit de leur travail, sans aide de l’Etat, on ne peut que se sentir humainement obligé de les aider", explique-t-elle en rappelant que sa commune a déjà caché des enfants juifs pendant la seconde guerre mondiale.

    Cécile Bir, mère de famille et présidente de l’association nantaise Enfants étrangers-Citoyens solidaires, confirme : "On voit se mobiliser des parents d’élèves d’origines culturelle et sociale très diverses, et de tous bords." Aux yeux de tous, le sans-papiers cesse brutalement de relever du mythe inquiétant du "clandestin", rituellement invoqué par les politiques, pour prendre le visage de ces gamins qui partagent les mêmes préoccupations, les mêmes joies que leurs enfants. "Sur l’immigration on peut tenir des propos généraux, mais quand cela concerne un enfant, cela change tout", dit Cécile Bir.

    Mère de trois enfants, Valérie Tranchand n’avait jusqu’alors jamais milité. Par deux fois, elle a pris sous son aile un "enfant caché" de l’école Victor-Hugo. Désobéissance civile ? "On doit respecter la loi, mais pas n’importe quelle loi. On peut être amené à désobéir à des lois injustes", a-t-elle expliqué à ses enfants. "En agissant ainsi, dit Valérie Tranchand, j’ai eu le sentiment de réagir comme lorsque j’aide une personne tombée dans la rue. Je n’ai pas tout d’un coup eu le sentiment d’être une révolutionnaire, mais simplement de suivre ma conscience."

    Laetitia Van Eeckhout

    Article paru dans l’édition du 18.06.06

  • Le Collectif Enfants Etrangers dans la presse nationale

    Le dernier numéro de l’hebdomadaire « La Vie » dont nous avions rencontré la semaine dernière les journalistes, consacre sa une et un dossier très complet de 8 pages à la situation des enfants menacés d’expulsion après le 30 juin 2006.

    Deux pages sont consacrées à la situation nantaise en particulier autour du dispositif d’accueil de familles déboutées du droit d’asile orchestré par l’association œcuménique « L’accueil d’abord ».

             Sinon, le Monde daté du 15 juin propose un long portrait signé Laetitia Van Eecckout d'une famille de l’école Stalingrad autour de laquelle est né notre Collectif il y a déjà deux ans et demi. Le voici :

     

    Le Monde : (Eclairage) La famille Avakian veut espérer mais craint la désillusion

    mercredi 14 juin 2006.
     

    http://www.lemonde.fr/web/article/0...

    LE MONDE | 14.06.06 | 11h26

    NANTES ENVOYÉE SPÉCIALE

    Karina Avakian est lasse. Lasse de vivre dans l’angoisse, de passer d’espoirs en désillusions, de savoir l’avenir de sa famille hypothéqué, suspendu à une décision administrative. Il y a deux mois, Karina, Edouard et leurs deux fils, Joseph et Sarkis, ont emménagé dans un appartement mis à leur disposition par l’association nantaise L’accueil d’abord. Mais ce rêve, après quatre ans passés à vivre entre la rue et des chambres d’hôtel, a été anéanti, le 29 mai, par un courrier de la préfecture de Loire-Atlantique proposant un aide au retour. Une aide qui ne représente rien d’autre, pour Karina Avakian, que la confirmation de l’intention de l’Etat français de les renvoyer, elle et les siens, vers leur pays d’origine, l’Azerbaïdjan.

    Karina et Edouard Avakian sont "protégés" jusqu’à la fin du mois de juin par la scolarité de leurs enfants. L’annonce par Nicolas Sarkozy de la régularisation de 720 familles de sans-papiers, le 6 juin, a laissé la jeune femme sans voix. Ni Joseph ni Sarkis ne sont nés en France. Mais ils y sont arrivés avant l’âge de 13 ans. Correspondront-ils, au yeux du préfet de Loire-Atlantique, aux critères définis par le ministère de l’intérieur ? Incertitude encore.

    "POURQUOI PAS NOUS ?"

    Cela fait dix-huit ans que dure l’errance du couple. En 1988, Karina et Edouard Avakian, azéris d’origine arménienne, sont contraints de quitter leur pays natal après le déclenchement du conflit avec l’Arménie. En 1993, ils doivent fuir l’Arménie pour l’Ukraine, Edouard Avakian refusant d’être enrôlé dans l’armée pour combattre l’Azerbaïdjan. Six ans plus tard, persécutions et rackets les amènent à nouveau à s’exiler, en France cette fois. Le 2 avril 2002, ils arrivent à Nantes, avec leurs garçons, alors âgés de 9 et 6 ans.

    Déboutés du droit d’asile, Karina et Edouard Avakian, 36 ans tous deux, ont tenté tous les recours possibles. En vain : le 19 avril 2004, le tribunal administratif de Nantes a confirmé le rejet par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) de leur demande de réexamen de dossier. Pétition, courriers adressés au préfet par les parents d’élèves de l’école de leurs fils : le préfet est resté inflexible.

    "Pourquoi pas nous ?, interroge Karina Avakian. Nous n’avons rien fait de mal. C’est juste pour que nos enfants aient un avenir que nous sommes venus." Dès leur arrivée, elle a tout fait, malgré des conditions de vie précaires, pour que Joseph et Sarkis s’intègrent et aient une vie normale. Elle les a inscrits à la bibliothèque, au centre de loisirs, à des cours de sport, et prend plaisir - d’autant qu’elle est institutrice de formation - à accompagner les sorties de classe. "Dès qu’il y a un projet de sortie, mes copains me demandent si ma mère nous accompagne", raconte fièrement Sarkis, 10 ans.

    Joseph a rattrapé son retard scolaire : intégré à son arrivée dans une classe de cours préparatoire, il est entré en septembre 2004, comme tous les enfants de son âge, en classe de sixième. Parlant aujourd’hui aussi bien le français que ses camarades, il rêve "d’un avenir simple", qu’il n’imagine pas ailleurs qu’en France. "D’un matelas tout sale, on est passé à une vraie chambre, on a fait pas mal de chemin. Il ne nous manque plus que des papiers et l’on sera une famille comme les autres", dit-il. Il ne se sent "pas différent" de ses copains.

    La famille vit des 400 euros mensuels d’aide à la subsistance versés par le conseil général de Loire-Atlantique aux déboutés du droit d’asile, et de ce que réussit à gagner le père, régulièrement sollicité par des particuliers pour ses talents d’ébéniste.

    Ce sujet, Karina Avakian, rongée par la honte de vivre au crochet des autres, ose à peine l’évoquer. Son mari serait pourtant certain d’obtenir un véritable emploi s’il était régularisé. L’Atelier Madec, une entreprise nantaise de menuiserie, lui a déjà fait une proposition ferme d’embauche.

    Laetitia Van Eeckhout

     

  • Le Monde de l'Education de juin consacre une page au Collectif Enfants Etrangers

    Un article signé Olivier Quarante consacré au Collectif Enfants Etrangers et à la mobilisation sur Nantes vient de sortir dans les premières pages du dernier numéro du Monde de l'Education , en kiosque depuis ce matin.

    Souhaitons qu'il nous permette d'amplifier la mobilisation au cours de ce mois de juin capital.

     

  • Paru dans 20 Minutes le 30 mai 2006

    Nouvelle mobilisation pour les sans-papiers

    20 Minutes - Nantes | édition du 30.05.06


    Soutien aux familles sans-papiers, suite. L'appel des parents d'élèves du collège Le Héraut à Saint-Herblain a mobilisé de nombreux sympathisants anti-expulsion, devant l'établissement hier soir. Tous étaient venus soutenir une famille algérienne déboutée de son droit d'asile et dont les trois enfants sont scolarisés au Héraut et à l'école primaire Grand-Bois. Pour Frédéric Cherki, du collectif Enfants étrangers citoyens solidaires, « cette nouvelle action doit attirer l'attention des pouvoirs publics pour que des régularisations interviennent avant l'été ». Par ailleurs, le collectif prépare une manifestation d'ampleur, prévue dans les rues de Nantes au début du mois de juillet.

    T. H