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  • Lettre au Président de la République


     

    Lettre écrite par Stéphanie Gonon, petite amie de Jeff Babatunde Shittu, expulsé en fin de semaine dernière... pour l'exemple.

    (publiée dans le journal gratuit METRO  le 04/09/2006)

    Je vous écris pour vous faire part de ma profonde inquiétude concernant la situation actuelle de Jeff Babatunde Shittu. Cet élève de 19 ans, scolarisé au lycée Dorian à Paris, a été expulsé mercredi dernier vers le Nigeria. Vous êtes sans doute au courant de cette situation mais vous n’avez jamais fait part de votre position officielle. Arrivé en France en août 2004 après l’assassinat de sa mère, Jeff s’est rapidement intégré.

    Jusqu’à son expulsion, ce jeune homme était un des meilleurs élèves de sa classe. Aujourd’hui, il manque cruellement à ses nombreux amis ainsi qu’à moi-même. Lui et moi avions des projets d’avenir, nous avions prévu de nous installer ensemble à partir du mois de septembre et de nous fiancer à la fin de l’année. Sans oublier qu’au lycée Dorian, il y aura une chaise vide à la rentrée. Jeff a toute sa place dans cet établissement et bénéficie du soutien de l’ensemble de la communauté éducative.

    Monsieur le Président, il s’agit d’un lycéen et non d’un terroriste, nous sommes un jeune couple plein d’avenir et non une bande de malfaiteurs, il s’agit d’un jeune homme intégré qui porte la France dans son cœur comme tout citoyen français, il s’agit de l’image de notre pays. En expulsant Jeff, ce sont les valeurs de la République qui ont été salies une nouvelle fois. Vous êtes garant de ces valeurs et vous savez que la jeunesse de ce pays est fraternelle et pluriethnique.

    Permettre à Jeff de revenir, c’est lui permettre de finir ses études, de vivre entouré de ceux qui l’aiment, de continuer notre vie de couple. Il ne suffit pas de célébrer la France “black, blanc, beur” à travers notre équipe de foot nationale, il faut aussi la construire au quotidien et cela ne pourra pas se faire si de jeunes lycéens parfaitement intégrés se font expulser. A la rentrée, il y aura une chaise vide au lycée Dorian, nous le répétons. Plusieurs dizaines de lycéens vont être privés de leur camarade, des professeurs vont être privés d’un bon élève et je vais être privée de celui que j’aime. Je m’adresse à vous car vous ne pouvez pas être insensible à cette situation et vous ne pouvez pas douter de l’intégration de ce jeune homme.

    Monsieur le Président, aidez-nous à faire valoir le “tous ensemble” pour que la République métissée que nous chérissons devienne une réalité au quotidien. Dans l’attente d’une réponse de votre part, veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes salutations distinguées.


  • Familles régularisées : infos pratiques

     

     Merci aux parrains et marraines de relayer les infos ci-dessous auprès des familles :

     

    1) Les familles venant d'être régularisées doivent impérativement faire une déclaration d'impôt auprès du centre Cambronne. Ce document est nécessaire pour les diverse démarches auprès des administrations / Centre administratif Cambronne :  permanences du lundi au vendredi jusqu'à 17h30.

     

    2) elles doivent aussi déposer une demande d'HLM (parc social) auprès de l'ADIL, 6 rue Ste Catherine 44000 NANTES

    Cette demande est unique et sera transmise dans tous les organismes HLM (parc social). Dans un premier temps les familles n'auront pas de proposition de logement, puisqu'il faut au minimum 1 carte d'un an, mais elles recevront un n° d'enregistrement qui tiendra compte de la date de la demande.

     Marie G.

     

     

  • Quand Isabelle demande "Pourquoi ?"

    Salut ! A lire d'urgence "Médiateur de la République contre le médiateur des sans-papiers" !
    "De deux sources différentes, nous apprenons que le Médiateur de la République serait susceptible de se saisir des dossiers concernant des sans-papier. J'ai suggéré à maintes reprises cette solution de médiation, tant ici que sur le site agoravox.fr. En effet, j'ai interrogé plusieurs fois les chevauchements de compétences entre le médiateur nommé par Nicolas Sarkozy et le Médiateur de la République. Le recours au Médiateur de la République n'est pas, selon les textes de loi l'instituant, réservé aux seuls citoyens français, mais également possible pour toute personne ayant des difficultés avec l'administration française. ...."
     
     
    Sinon, en tant que tas d’os de ce Collectif “au polymorphisme invertébré” je me sens, quelque part interpellée, et vous propose un point de vue, qui n’engage que moi.
     
    Comme le dit notre médecin-pécheur, avant de plier les gaules, (ah Bourdieu me manque pour déconstruire ce truisme aquatique de culpabilité post-circulaire, entre Saint-Bernard Kouchner et Saint-Bernard 96, confronté au cynisme de l’Anté-Rieur, de l’Avent-Babel !)
     
    Et je commente d’autant plus tranquillement qu’après plus de 4 mois d’investissement personnel, devant mon écran, le soir ou le matin, quelques succès improbables et de vraies satisfactions, je n’ai pas assisté à la réunion de la Manu le 29, dont le tour et l’orientation probablement plus juridiques qu’à l’accoutumée étaient liés à la présence du magistrat qui s’était  généreusement proposé d’accompagner le Collectif dans sa lecture de la circulaire et d’éventuels recours contre les interprétations préfectorales de ses “critères”.
    Pourquoi ?
    Pourquoi ?
     
    Au premier, je réponds que les congés payés étant un acquis de 36, c’est pas le moment d’y renoncer, surtout quand le ministre de l’Anté-Rieur fustige la  «génération de mai 1968». Et que les vacances, c’est sacré !
     
    Au second, je réponds : je ne sais si vous avez remarqué, depuis le temps, ce tic-marketing de Sarkozy, qui est devenu sa marque de fabrique, l’alpha et l’oméga de sa politique de communication.
    En résumé, vous dites, comme je viens de le faire à peu près n’importe quoi, ou presque, et vous assénez : pourquoi ?
    Et là, mine de rien, vous avez capté l’attention de l’auditeur, aussi récalcitrant soit-il, et vous l’obligez, malgré lui, à écouter vos arguments ou sornettes programmatiques.
     
     
    Sur le fond : je suis persuadée et reste convaincue que le nerf de la guerre est l’argent (portée symbolique de “l’ARS” versée aux familles soutenues par le Collectif dont les enfants sont scolarisés), selon des modalités dont on pourrait par exemple reparler en réunion.
     
    Mais, ce qui anime et mobilise le Collectif et tous les réseaux de soutien et de vigilance autour des enfants, c’est bel et bien le droit, bafoué par cette circulaire (mais rien n’est moins durable qu’une circulaire, si on la compare à une planète, et les planètes elles-mêmes peuvent être “déclassifiées”, ainsi de Pluton qui considérée comme 9ème planète du système solaire vient de se voir “reléguée”, au rang de planète naine - si cela pouvait redonner un peu de baume au coeur à certains ce soir et l’envie d’avoir envie de se battre pour ramener ce fléau de ministre au rang de particule très élémentaire dans sa course essoufflée- )
     
     
    Demain matin, des élèves sans-papiers risquent de manquer à l'appel…
    Pourquoi ?
     
    Le Réseau Education Sans Frontière (RESF) "s'adresse aux enseignants et à leurs organisations syndicales, aux parents d'élèves et à leurs fédérations, aux particuliers et aux organisations attachées à la défense des droits de l'homme pour que, dans tous les établissements, les familles et les élèves menacés soient connus et placés sous la protection des écoles".
    Pourquoi ?
     
    Parce que le ministre est le seul à ne plus se cacher.
    Parce qu’il revendique comme un succès politique et un programme, la “politique de sécurité et de l’immigration” qu’il vient de mener, et dont il est tellement fier qu’il n’arrive toujours pas à les dissocier l’une de l’autre. Que c’est précisément l’exemple qu’il a choisi ce soir sur TF1 pour illustrer sa vision de la rupture (avec la politique de la sécurité et de l’immigration mise en oeuvre “par Lionel Jospin et les socialistes”). “J’ai fait la rupture”, dit-il, et “Je la veux dans d’autres domaines”.
     
    Je passe sur la légèreté stylistique de l’expression, l’outrecuidance du fils d’un immigré hongrois qui n’a jamais acquis la nationalité française et qui se targuait récemment de ne tolérer sur le territoire que les enfants qui auraient oublié la langue de leurs pays d’origine (!).
     
     
    Autrement dit, tout son programme tient dans cette idée : étendre à “d’autres domaines”, les recettes qui ont fait le succès (!) de sa gestion de “la sécurité et de l’immigration”
     
    Donc c’est bien à lui que “nous allons d’autant plus (lui) tourner le dos que nous sommes convaincu(e)s que ce qui est nécessaire est possible”. !!!
     
    Ne me demandez pas pourquoi ?
    Je plie les gaules.
     
    Isabelle