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  • Sans Papiers et Sans Brevet de Natation

     

     

    Maïmouna la sœur de Baba Traore avouera lors de la cérémonie qui a rassemblé devant le Pont de Joinville plusieurs centaines de citoyens que son frère était venu en France en 2004 pour lui donner un rein.

    Il n’est pas mort pour rien.

    QUE CE SCANDALE CESSE ! POUR UNE AUTRE POLITIQUE, ICI ET MAINTENANT ! ARRETONS DE SACRIFIER DES VIES  A UNE POLITIQUE SANS  LENDEMAIN ! BOYCOTT !

     

    Aujourd'hui, 4 avril 2008, un Malien de 29 ans s'est jeté dans la Marne à Joinville le Pont après avoir été contrôlé par un agent des transports et par la Bac. Une course poursuite, un pont, la Marne, la noyade et la mort quelques heures après.

    Une enquête a été confiée à l'Inspection générale des services (IGS), la "police des polices".

    On peut oublier les superlatifs, seule une bouée aurait pu le sauver !

    « Un homme se jette dans la Marne en fuyant un contrôle de police »

    Muni d’un titre de transport (?) et d’une OQTF, mais sans papiers, sans diplôme ou brevet de natation !

    Point n'est besoin d’avoir aligné les longueurs, enchaîné les brasses coulées pour tirer la conclusion qui s'impose : l'homme de 29 ans, originaire d'un pays le Mali qui n'est baigné par aucune mer, où les fleuves ne sont pas des piscines olympiques, mais des cours au débit irrégulier, cet homme de 29 ans, né entre les rives du Fleuve Niger et du Fleuve Sénégal… ne savait pas nager, alors que de terreur il s’est jeté par-dessus le Pont de Joinville.


    Il ignorait qu'en France si l'on n'a pas de papiers il faut savoir nager.

    « Lors d'un contrôle, ce Malien, célibataire, a présenté un titre de transport mais sans document d'identité. L'homme a pris la fuite quand les policiers ont voulu vérifier son identité dans leur fichier, selon le préfet du Val de Marne, Bernard Tomasini. Les agents l'ont poursuivi sur environ 400 mètres avant qu'il ne se jette depuis la passerelle dans la Marne. Les pompiers ont recueilli l'homme inconscient, en choc cardiaque, avant de le transporter dans un hôpital parisien, où il est décédé peu après. »

    (©AFP / 05 avril 2008 19h19)

     

    La politique du chiffre tue, ce n’est pas un slogan !  


    La liste des naufragés de la politique de chasse aux Sans Papiers s’est encore allongée aujourd’hui :

    été 2007, Yvan, un enfant de treize ans d’une famille russo-tchétchène déboutée de l’asile, est resté quelque temps entre la vie et la mort après avoir tenté de fuir avec son père, par le balcon, la police venue au domicile.

    septembre 2007 une femme chinoise, Chulan Zhang Liu, est morte après s’être défénestrée de son appartement à l’approche des policiers.

    février 2008, un jeune Kenyan de 19 ans, John Maïna, s’est pendu après avoir appris le rejet définitif de sa demande d’asile.

    « Pierre Henry, directeur général de France Terre d'Asile, a appelé "solennellement" vendredi soir le gouvernement à un "moratoire sur la politique d'éloignement", après ce drame. »

    « Lors de la manifestation à Paris, (ce 5 avril) qui a rassemblé entre 15 et 20.000 personnes, selon les organisateurs, 4.200 selon la police, le président de la Ligue des Droits de l'Homme, Jean-Pierre Dubois, a aussi dénoncé "le climat de peur que fait régner la politique du gouvernement sur tous les étrangers et leur entourage et qui pousse des gens vers la mort".

    La politique du chiffre n’a pas encore touché les policiers chargés de compter les manifestants, apparemment ! Même si la précision de leurs données ne manque pas d’interpeller.

    IdL

     

    MORATOIRE ! Nous exigeons tout à trac, l'arrêt de la chasse et de la traque !
  • Appel au boycott de cette discipline olympique française


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    Hommage à Baba Traore,
     
    victime de la politique du chiffre,
     
    à Joinville-le-Pont (94)


    POUR QUE CESSE CETTE POLITIQUE QUI MENE AU NAUFRAGE


    APPEL SOLENNEL AU BOYCOTT DE CETTE "DISCIPLINE OLYMPIQUE"
    DE LA CHASSE ET DE LA TRAQUE AUX SANS PAPIERS
     
     
     
     
     

     

     

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  • Avis de Recherche : Elargir le cercle et il deviendra vertueux

    Chercheur-e-s et enseignant-e-s-chercheur-e-s, nous participerons à la manifestation du 5 avril appelée par le collectif « Uni-e-s contre une immigration jetable ».



    D'abord parce que, comme citoyens, nous ne pouvons nous résoudre à voir les droits de l'Homme bafoués par une politique d'immigration de plus en plus répressive, inhumaine et xénophobe (« rafles » de sans-papiers, arrestations et détentions d'enfants, traitements inhumains dans les centres de rétention, privation de leur liberté d'expression lorsqu'ils se révoltent, projet d'allongement à 18 mois de la rétention par la directive de la honte, développement des fichiers biométriques interconnectés comme Eloi, etc.). Depuis cinq ans, 100 000 sans-papiers ont été expulsés. Cette politique atteint, au-delà de la cible désignée des personnes sans papiers et des familles d'étrangers, l'ensemble de la population. Après avoir institué l'inique ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale, elle affirme clairement qu'elle ne se satisfait plus de l'Etat de droit puisque la « commission Mazeaud » est aujourd'hui chargée de réviser la Constitution de manière à autoriser l'institution de quotas d'immigration en fonction de l'origine ethnique mais aussi afin de rendre la justice des étrangers encore plus expéditive (en supprimant la double intervention du juge judiciaire et du juge administratif).



    Nous ne supportons pas le cynisme avec lequel le gouvernement en appelle à une « immigration choisie » pendant qu'il fait la chasse aux immigrés prétendument subis, ces femmes et ces hommes qui ont été victimes de la complexité et des restrictions des lois françaises (notamment les lois de 2003, 2006 et 2007 qui accroissent encore plus l'arbitraire préfectoral et restreignent le droit d'asile) ; ces personnes qui, tenues par la peur, gardent des enfants que les crèches n'accueillent pas, construisent des bâtiments, font la cuisine ou la plonge des grands restaurants. Avoir le travail sans le travailleur, tel est le slogan implicite qui nous est proposé, et dont la contradiction annonce la remise en cause permanente des droits de tout un chacun.



    Cette politique répressive touche non seulement les sans-papiers mais aussi les étrangers ayant un titre de séjour et les Français. Pour chacun des sans-papiers piégé par des contrôles d'identité iniques au faciès, combien d'étrangers en règle ou de Français qui n'ont pas la bonne couleur de peau se voient humilier quotidiennement ? Combien d'étrangers et de Français se voient refuser le droit d'épouser la femme ou l'homme de leur choix au prétexte que leur amour ne serait que de complaisance ?



    Mais nous manifesterons aussi car, en tant qu'universitaires, nous ne tolérons pas que l'indépendance qui est à la base de notre profession soit quotidiennement remise en cause.



    D'une part dans nos recherches, dans lesquelles un pouvoir, qui ne cache pas sa xénophobie et son racisme, tente de s'immiscer. Le dernier exemple est le projet d'instituer un « Institut d'études sur l'immigration » en octobre 2007, qui prétendait devenir un « guichet unifié » des études sur le sujet. Les chercheurs auraient désormais dû s'adresser à un institut présidé par une personnalité connue pour avoir imputé les révoltes de l'automne 2005 à la polygamie des familles africaines ; un institut dont le conseil scientifique devait se composer de quelques chercheurs accompagnés de hauts fonctionnaires et de responsables (passés ou actuels) de TF1, Total, Accor, Eiffage ou encore Renault ; un institut, enfin, qui devait dépendre non du ministère de la Recherche mais de celui de l'Immigration et de l'Identité nationale.



    D'autre part dans l'enseignement supérieur, dont l'organisation est parasitée par l'intrusion des politiques xénophobes. Comment peut-on accepter qu'une autre instance que l'université et ses professionnels décide de l'admission d'un étudiant ou de sa poursuite d'études, et qu'elle se permette de juger de la cohérence de son parcours universitaire ? C'est pourtant ce que font les tout nouveaux Centres d'études en France, qui sélectionnent, dans les pays d'origine et à la place des universités, les étudiants que le gouvernement aura « choisis ». Pour ceux qui parviennent à s'inscrire dans une université française, leurs parcours universitaires sont ensuite contrôlés par les préfectures. Lesquelles, au prétexte d'une réorientation ou de quelques examens non validés, s'empresseront de refuser le renouvellement des titres de séjour. Les étudiants étrangers n'ont ainsi le droit ni à l'erreur, ni à l'hésitation. Quant à nous, leurs enseignants, nous voyons notre notation, conçue pour accompagner les étudiants puis certifier leurs aptitudes, transformée en instrument des préfectures pour livrer des personnes à la clandestinité ou à l'expulsion.



    Parce que les atteintes de plus en plus graves aux droits des étrangers/ères sont aussi, indirectement, une atteinte à notre indépendance professionnelle, nous rejoignons l'appel du collectif « Unie-e-s contre une immigration jetable » non seulement comme citoyen-ne-s, mais aussi comme chercheur-e-s et enseignant-e-s chercheur-e-s, et appelons tous nos collègues à manifester le 5 avril.


    --
    Kamel Aoudjehane
    Union Nationale des Etudiants de France
    Bureau National
    01 42 02 25 55
    www.unef.fr

    http://universitaires-contre-une-im...

    Premiers signataires :
    Marie AMARA (Doctorante, Montpellier) Etienne BALIBAR (Professeur émérite, Université de Paris X Nanterre) Mohamed BELAALI (Enseignant, Poitiers) David BENLIAN (Professeur émerite, Marseille) Jennifer BIDET (Doctorante en sociologie, Lyon) Philippe BOURDIN (Professeur d’université, Clermont-Ferrand) Philippe CORCUFF (Maître de conférences de science politique, Lyon) Pierre COURS-SALIES (Professeur Université Paris 8) Saskia COUSIN (Enseignant-chercheur, IUT de Tours) Michel DELAMAR (Professeur Université Paris 7) Jean-Luc GAUTERO (Maître de conférences, Nice) Isabelle GONCALVES (Enseignant-Chercheur Paris) Jean-Luc GODET (Maître de Conférences, Angers) Claude JAMET (Maître de conférences, Serezin du rhône) Nicolas JOUNIN (Maître de conférences, Paris 8) Michel KOEBEL (Maître de conférences, Reims) Marie-Françoise LEBONNOIS (Psychologue, Cherbourg-Octeville) Annick MARECHAL (Professeur retraitée, Elancourt) Denis MARECHAL (Thésard, Nimes) Philippe MARLIERE (Politologue, Londres) Meryem MARZOUKI (Chercheur CNRS) Alain MORICE (Chargé de recherche au CNRS) Gérard NOIRIEL (Historien) Mary PICONE (Enseignant-chercheur, Paris) Cédric POCHIC (Chercheur CNRS, Paris) Ariel PROVOST (Professeur, Clermont-Ferrand) Emmanuelle SAVIGNAC (Anthropologue) Charles SOULIE (Maître de conférences, Paris 8) Anne STEINER (Maître de conférences sociologie, Paris) Jean-Pierre TERRAIL (Sociologue) Josette TRAT (Enseignante-chercheure en sociologie, Paris) Yann VACHER (Enseignant, IUFM de Corte) Annie VINOKUR (Professeur émérite) Loïc WACQUANT (Sociologue)

     

  • Grève de deux syndicats de l'OFPRA

    Les syndicats de l'Ofpra appellent à la grève contre le projet de loi sur l'immigration

     

     

    LEMONDE.FR avec AFP | 03.04.08 | 14h49


    Les deux syndicats présents à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (l'Ofpra), la CGT et l'Asyle (Action syndicale libre) appellent à une journée de grève mercredi pour dénoncer l'une des mesures de la loi sur l'immigration qui réduirait les délais de recours pour les déboutés du droit d'asile.

    Les avocats qui plaident devant la commission de recours des réfugiés (CRR) seront également appelés à la grève et à refuser de plaider, ajoute l'Asyle.

    Les syndicats appellent à se mettre en grève contre le projet, contenu dans la loi actuellement en discussion au Sénat, de réduction de un mois à 15 jours du délai de recours devant la Commission des recours des réfugiés, qui "nuirait inévitablement aux demandeurs d'asile, en réduisant leurs chances de voir leur recours aboutir", explique l'Asyle dans un communiqué. Ils s'opposent également à la limitation à 24 heures du recours suspensif en zone d'attente.

     

    Les syndicats appellent à un rassemblement à 9 heures devant l'Ofpra à Fontenay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et à une manifestation à 12 h 30 devant la CRR, à Montreuil-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

     

  • Le malaise qui enrobe toute l'Europe

    REBONDS http://www.liberation.fr/rebonds/319061.FR.php

    Les oubliettes de l’Europe


    Nathalie Ferré présidente du Gisti (Groupe d’information et de soutien des
    immigrés).

    « Libération » jeudi 3 avril 2008



    "Dans deux centres de rétention administrative de la région parisienne, des
    étrangers en instance d’éloignement se sont mis en grève de la faim pour
    protester contre les conditions de leur interpellation et de leur
    incarcération. Ils dénoncent les arrestations « arbitraires » dont ils sont
    l’objet, les conditions de rétention « indignes », les fouilles
    « humiliantes », les comptages de nuit répétés et le manque d’hygiène qui leur sont imposés, et se plaignent d’être « traités comme du bétail ». Les objectifs chiffrés fixés par le gouvernement pour les reconduites à la frontière ont conduit
    l’administration à accélérer les procédures et à multiplier, fin 2007,
    les pratiques arbitraires et les mauvais traitements. Pourtant, ces situations
    sont le lot commun de ce que vivent tous les jours, sans avoir été condamnés
    ni jugés, les étrangers, réfugiés, demandeurs d’asile, sans-papiers, dans
    les multiples lieux d’enfermement administratif qui sont devenus un élément
    clé de la politique migratoire.

    La France est loin d’être la seule concernée : en septembre 2007, sept
    demandeurs d’asile iraniens sont montés sur le toit du centre de rétention
    de Nicosie, à Chypre, pour attirer l’attention sur leur sort. Parmi leurs
    griefs, la durée excessive de leur détention, dans des conditions
    matérielles et d’hygiène très médiocres, et le comportement violent de la
    police à leur égard. Au Danemark, en mai 2007, de sévères critiques ont
    été émises par le comité contre la torture du Conseil de l’Europe sur les
    conditions de vie des étrangers consignés dans des centres pendant des
    années en attendant qu’une décision soit prise sur leur sort. Les
    associations belges dénoncent un régime quasi pénitentiaire provoquant des
    « ravages humains ». A Malte, les observateurs mettent de façon récurrente en
    garde contre la surpopulation, l’insalubrité, l’hygiène déplorable,
    l’insuffisance de la prise en charge médicale, l’isolement, les violences
    policières auxquelles sont soumis les étrangers dans les camps de détention
    où ils restent de longs mois. La liste serait longue s’il fallait recenser
    tous les accidents, toutes les tentatives de suicide, toutes les
    humiliations qui constituent le quotidien dans les camps d’étrangers.

    Il n’existe pas de « bonnes » conditions de rétention. Comme le démontrent
    toutes les observations menées sur le terrain par les ONG ou les chercheurs,
    comme ceux du réseau Migreurop [réseau européen de militants et chercheurs
    dont l’objectif est de dénoncer les dérapages des politiques d’asile en
    Europe, ndlr], l’internement administratif auquel sont soumis les étrangers
    en Europe est par sa nature même porteur de violations, plus ou moins
    systématiques, plus ou moins inévitables lorsqu’elles ne sont pas
    volontaires, de leurs droits fondamentaux : en premier lieu, la liberté
    d’aller et venir, mais aussi le droit d’asile, le droit au respect de la
    vie privée et familiale, le droit de ne pas subir des traitements inhumains ou
    dégradants ou encore les droits spécifiques des mineurs.

    A la racine de ces traitements, on trouve le choix opéré par l’Europe
    d’une fermeture sélective des frontières, qui privilégie l’immigration « utile »

    Dans deux centres de rétention administrative de la région parisienne, des
    étrangers en instance d’éloignement se sont mis en grève de la faim pour
    protester contre les conditions de leur interpellation et de leur
    incarcération. Ils dénoncent les arrestations « arbitraires » dont ils sont
    l’objet, les conditions de rétention « indignes », les fouilles
    « humiliantes », les comptages de nuit répétés et le manque d’hygiène qui leur sont imposés, et se plaignent d’être « traités comme du bétail ». Les objectifs
    chiffrés fixés par le gouvernement pour les reconduites à la frontière ont conduit
    l’administration à accélérer les procédures et à multiplier, fin 2007,
    les pratiques arbitraires et les mauvais traitements. Pourtant, ces situations
    sont le lot commun de ce que vivent tous les jours, sans avoir été condamnés
    ni jugés, les étrangers, réfugiés, demandeurs d’asile, sans-papiers, dans
    les multiples lieux d’enfermement administratif qui sont devenus un élément
    clé de la politique migratoire.

    La France est loin d’être la seule concernée : en septembre 2007, sept
    demandeurs d’asile iraniens sont montés sur le toit du centre de rétention
    de Nicosie, à Chypre, pour attirer l’attention sur leur sort. Parmi leurs
    griefs, la durée excessive de leur détention, dans des conditions
    matérielles et d’hygiène très médiocres, et le comportement violent de la
    police à leur égard. Au Danemark, en mai 2007, de sévères critiques ont
    été émises par le comité contre la torture du Conseil de l’Europe sur les
    conditions de vie des étrangers consignés dans des centres pendant des
    années en attendant qu’une décision soit prise sur leur sort. Les
    associations belges dénoncent un régime quasi pénitentiaire provoquant des
    « ravages humains ». A Malte, les observateurs mettent de façon récurrente en
    garde contre la surpopulation, l’insalubrité, l’hygiène déplorable,
    l’insuffisance de la prise en charge médicale, l’isolement, les violences
    policières auxquelles sont soumis les étrangers dans les camps de détention
    où ils restent de longs mois. La liste serait longue s’il fallait recenser
    tous les accidents, toutes les tentatives de suicide, toutes les
    humiliations qui constituent le quotidien dans les camps d’étrangers.

    Il n’existe pas de « bonnes » conditions de rétention. Comme le démontrent
    toutes les observations menées sur le terrain par les ONG ou les chercheurs,
    comme ceux du réseau Migreurop [réseau européen de militants et chercheurs
    dont l’objectif est de dénoncer les dérapages des politiques d’asile en
    Europe, ndlr], l’internement administratif auquel sont soumis les étrangers
    en Europe est par sa nature même porteur de violations, plus ou moins
    systématiques, plus ou moins inévitables lorsqu’elles ne sont pas
    volontaires, de leurs droits fondamentaux : en premier lieu, la liberté
    d’aller et venir, mais aussi le droit d’asile, le droit au respect de la
    vie privée et familiale, le droit de ne pas subir des traitements inhumains ou
    dégradants ou encore les droits spécifiques des mineurs.

    A la racine de ces traitements, on trouve le choix opéré par l’Europe
    d’une fermeture sélective des frontières, qui privilégie l’immigration « utile »



    - celle qui permet de répondre aux besoins de main-d’œuvre des Etats membres

    - au détriment, notamment, de l’immigration familiale pourtant facteur
    d’intégration. De ce fait, l’essentiel des efforts des Etats membres de
    l’UE en matière de politique migratoire a porté, au cours des dix dernières
    années, sur la lutte contre l’immigration irrégulière. Après les charters
    pour organiser des expulsions collectives, après les murs et les grillages
    pour empêcher les migrants de venir en Europe, ils discutent en ce moment de
    l’harmonisation de leurs législations en matière de rétention et
    d’expulsion des étrangers en situation irrégulière.

    Dans ce cadre, la directive « relative aux normes et procédures communes
    applicables dans les Etats membres au retour des ressortissants de pays
    tiers en séjour irrégulier », qui sera soumise au vote du Parlement européen
    dans les premiers mois de 2008, ouvre la voie à la généralisation d’une
    politique européenne d’internement des migrants. Loin de réserver
    l’enfermement administratif à des circonstances exceptionnelles ou dans le
    seul but d’organiser leur éloignement, elle prévoit qu’il pourra être
    ordonné dès lors que l’étranger frappé d’une mesure d’expulsion
    présentera un risque de fuite ou constituera une menace à l’ordre public.

    Or, aucune définition de la notion de « menace à l’ordre public » ne vient en encadrer l’utilisation.

    Quant au « risque de fuite », on peut craindre qu’il ne soit
    toujours présumé par les Etats ! Il faut donc s’attendre, si la directive
    est adoptée, à la prolifération sur le territoire européen de camps où les
    étrangers, populations indésirables, seront placés sous contrôle.

    Ce n’est pas tout. Dans ces lieux de mise à l’écart, les étrangers ne
    seront pas qu’en transit, enfermés le temps que soit organisé leur départ. La
    directive propose que la détention, d’une durée de trois mois, puisse être
    prolongée jusqu’à dix-huit mois dans le cas où l’étranger ne coopère
    pas à son éloignement, ou s’il représente une menace pour l’ordre public, ou
    encore si l’administration rencontre des difficultés pour obtenir les
    documents de voyage. Lorsque l’on sait qu’en moyenne, en France,
    l’éloignement d’un étranger intervient dans les dix premiers jours de sa
    détention, la prolongation de celle-ci pendant un an et demi ne s’inscrit
    plus seulement dans une recherche d’effectivité et de rationalisation des
    procédures, mais vise d’autres objectifs. Lesquels ? Il s’agit d’abord,
    après le contrôle et la mise à l’écart, de punir et de dissuader. Mais
    aussi de lancer un message. Aux opinions européennes d’une part, parce qu’en
    évoquant la prison, le camp d’étrangers alimente dans les esprits
    l’association étrangers=délinquants, qui à son tour sert à justifier les
    mesures prises par les autorités en matière de lutte contre l’immigration
    clandestine, notamment la criminalisation du séjour irrégulier, et plus
    généralement de durcissement des lois relatives aux étrangers. Aux opinions
    des pays d’origine des migrants d’autre part, par le « signal fort »
    envoyé par ce biais aux candidats à l’émigration. Non forcément pour les
    empêcher de prendre la route. Mais, en faisant peser sur eux la menace permanente de l’interpellation, de l’internement et du renvoi, pour leur rappeler la précarité de leur statut, pour les pousser à l’invisibilité et favoriser
    leur exploitation.

    Dès 1993, en désignant haut et fort comme les « oubliettes de la
    République » le sinistre « dépôt » de Paris qui servait de centre de rétention, le Gisti obligeait les autorités à le fermer temporairement. Notre vigilance est plus
    que jamais d’actualité : exigeons de savoir ce qui se passe derrière les
    barreaux des zones d’attente et des centres de rétention ! Ne laissons pas
    adopter la « directive de la honte » !

    Le Gisti est signataire de l’appel aux parlementaires européens : « Non à la
    directive de la honte ». www.directivedelahonte.org

     

  • Nantes : Libération de Salamat

    L'imprévisible nouvelle :

    SALAMAT est LIBRE

     

    SALAMAT a quitté le centre de rétention  cet après-midi

    SALAMAT est LIBRE

     

    Demain à la Maison des Citoyens du Monde

    Pot de réjouissance à 18 heures !

     

     

    Nous nous retrouverons tous demain à 18 heures pour un verre
     

    Maison des Citoyens du Monde

    8 rue Lekain – Nantes

     

     800094301.jpg

     

    Après une belle frayeur, après le rendez-vous d'hier soir

    Et des interventions passionnées

    La mobilisation a donné son plus beau fruit

    La libération de Salamat ! 

    On ne s'en lasse pas,

    En français ou en koumyk !


     

    Propos :

     

    "C’est moi, j’ai appelé Glucksmann !

    J’ai appelé Robert Badinter, dès hier !

    Vous rigolez, j’ai prévenu le maire ! Tout le conseil municipal, même.

    François de Rugy est intervenu…

    Vous délirez, sans Amnesty International ...

    Peut-être, mais la LDH…

    Le Mrap a mobilisé comme…

    Je vous arrête, sans la Cimade… !!! 

     

    C’est les orga !

    Ce sont les militants !

    Ce sont les citoyens !"

     

     

    Nous nous retrouverons donc tous demain à 18 heures pour un verre !

    Maison des Citoyens du Monde

    8 rue Lekain – Nantes

     

     

    *

     

    Salamat est passée hier matin devant la Cour d'appel de Rennes qui a décidé de prolonger de 15 jours son enfermement au centre de rétention. Hier soir à 17h30, nous nous sommes réunis à l'appel d'Amnesty International, du Collectif Enfants Etrangers Citoyens Solidaires, du Collectif Uni(e)s contre une immigration jetable, de l'ACAT, la LDH, le MRAP, et l'Association Solidarité Tchétchénie devant la Préfecture.
     
    Une délégation (AI, LDH, Gasprom, Mrap) a été reçue au cabinet de M. le Préfet à 18h. Nous avons exposés nos arguments contre l'expulsion de Salamat.
     
    Nous demandions au Préfet de Loire -Atlantique :
     
    - de libérer Salamat afin qu'elle puisse préparer dans les meilleures conditions possibles son recours devant la Cour National du Droit d'Asile, où elle doit se présenter avec son mari, le 10 avril prochain.
     
    - de régulariser à titre humanitaire Salamat et son mari, qui risquent, en cas de retour en Fédération en Russie de subir de graves persécutions pouvant aller jusqu'à la mort !
     
    - de donner corps à cette promesse d'un candidat en campagne ou était-il déjà président, que 'toute femme persécutée quelle que soit son origine, quel que soit le degré de sa persécution trouvera refuge sur le territoire français si elle en fait la demande'.

    Or à l'issue du rendez-vous en Préfecture rien ne permettait d'espérer que la France renonce à "renvoyer une femme persécutée vers son pays d'origine, le Daghestan, où elle risque de se faire assassiner !"

     

     

     

  • Refus d'une justice d'exception pour les étrangers

    Communiqué du Syndicat de la Magistrature du 31 mars 2008

    Syndicat de la magistrature :

    "Non à une justice d’exception pour les étrangers"

    Les étrangers ne sont plus des justiciables comme les autres. En effet, les lois successives piétinent les droits fondamentaux garantis aux autres citoyens par la justice : le droit à un procès équitable, à l’assistance d’un avocat et d’un interprète, le droit à un recours effectif. Pour les étrangers, l’enfermement prévaut sur la liberté.

    Les parquets se sont mis au service de la politique « du chiffre » imposée par le pouvoir actuel. Rachida DATI, ministre de la justice a même rappelé qu’elle était la « chef » des procureurs et utilise son autorité pour demander aux parquets de multiplier les contrôles d’identité ciblés sur les étrangers.

    Le contrôle exercé par les juges judiciaires devient résiduel. Les réformes récentes et à venir créent une véritable justice d’exception pour les étrangers en situation irrégulière. Ils peuvent être jugés au sein même des zones d’attentes ou des centres de rétention et non plus au sein des palais de justice comme les autres justiciables.

    Au prétexte que la justice « annulerait trop des procédures », il faudrait même modifier la constitution pour faire disparaître le juge >judiciaire de ce processus. Ainsi, les libertés individuelles ne mériteraient pas d’être protégées lorsqu’elles concernent de «  simples étrangers. »

    De plus, le juge pénal condamne des citoyens au seul motif qu’ils apportent leur soutien à des étrangers sans papiers.

    Nous refusons la création d’une justice d’exception pour les étrangers. Nous appelons les professionnels du droit attachés à nos valeurs à se joindre à la manifestation du 5 avril 2008 .

     

     

     

     

  • Soutien au TA de la famille Aliev-Saroyan

     

    CECI N'EST PAS UN POISSON D'AVRIL 

    Soutien au TA de la famille Aliev-Saroyan menacée d’une OQTF et d’une expulsion vers l’Arménie

     

    Une délégation de soutien à une famille menacée d’expulsion vers l’Arménie n’a trouvé personne pour la recevoir à la Préfecture de Nantes, samedi 29 mars.

     

    Alors accueillons, le plus nombreux possible, la famille Aliev-Saroyan demain à Nantes. Elle vient du Mans et compte sur notre soutien.


    Tribunal Administratif à 14h30 demain (c’est un 1er avril) mais ce n’est pas un poisson d’avril, alors venez !

     

    Le Collectif constitué de parents d’élèves de l’école Eugénie-Cotton et d’habitants des quartiers sud du Mans n’a pu évoquer la situation de la famille Aliev-Saroyan, menacée d’expulsion vers l’Arménie.

    Cette famille sans papiers composée de quatre personnes dont Larissa et sa petite sœur née le 11 mars au Mans s’est vue refuser le droit d’asile en janvier 2008. Plusieurs manifestations ont été organisées pour les soutenir.

     

    « Ouest France » 16 et 17 janvier 2008, 26 et 27 février, 29 mars

    « Maine Libre », 23 mars

     

    article of 29.03.080024.pdf

    Maine Libre 29 03 2008.pdf